Büchelorette

Web developer, drummer, mom

15 novembre 2016

Chers amis, collègues, contacts, connaissances,

Voilà plus de 9 ans passés au sein de la même agence, dont les 3 dernières années dédiées au même client. Je me rappelle encore de mes premiers jours, je faisais "du HTML et du CSS", tellement bien qu'on m'a appris à "coder en tableau" … pour faire des newsletter.
Je n'avais pour seul diplôme qu'un brevet de technicien collaborateur d'architecte, mais on m'a embauchée parce que je parlais déjà de sémantique et vénérais le W3C.

Aujourd'hui, je fais toujours du html, du css et un peu de javascript, différemment depuis l'arrivée des pré-processeurs et des "task runner", mais je mets un point d'honneur au respect des bonnes pratiques et des critères d'accessibilité numérique.

Et c'est là tout l'intérêt que j'ai dans mon métier : je fais des sites web, et je les fais pour tout le monde. Alors je les fais bien.

Cela m'a amenée à ne plus faire simplement du html, du css et du js, mais à engager mon équipe à le faire.
J'ai besoin d'être fière de ce que je produis. J'aime pouvoir garantir un travail de qualité, pour tous.

Mais voilà, tout le monde ne partage pas la même vision des choses.
En agence, il faut livrer vite. Il faut faire de l'argent. Tant pis, l'essentiel c'est que le client soit content.

J'ai beau prouver par A+B qu'un travail de qualité c'est non seulement un client content, mais tous les utilisateurs aussi.
Qu'un client sera content d'un travail de qualité non pas parce qu'il est soucieux de la sémantique du code de son site, mais parce que les corrections de bug c'est long et ça coûte cher…

Pour les gains de temps, j'ai aussi participé activement à la mise en place et au respect d'un workflow - fortement inspiré du très bon gitflow.
Pour encore plus de gain de temps, j'ai mis au point et documenté notre charte graphique, et créé une bibliothèque de composants réutilisables.

Aujourd'hui, dans mon agence, mon but est de faire profiter de cette expérience à tous, de présenter un cas d'étude et de faire des ateliers de conception.
J'ai obtenu des formations orientées accessibilité, au delà des développeurs : j'ai réussi à faire comprendre qu'un bon développement ne pourra jamais rattraper des erreurs de conception. Nous allons donc former nos UX, graphistes, chefs de projets, QA … tout le monde.

J'ai toujours espoir que les choses évoluent, que nous avancions dans le bon sens. Et faire partie de ce mouvement me rend bien plus fière que de maîtriser ReactJS.


Alors,
cher ami, collègue, contact, connaissance,

non, je ne cherche pas un nouveau poste de développeur front-end dans une agence X ou chez un client Y, pour faire du luxe ou de la marque automobile… j'ai déjà ce poste. Et je ne changerai pas juste pour gagner plus d'argent.
Mais si tu connais une boite sympa qui partage mes valeurs, envers qui je n'ai pas besoin de faire du lobbying mais qui a besoin de mon expérience, mes connaissances, et ne trouve pas bizarre que je ne mange presque plus d'animaux et éteigne l'eau du robinet pendant que je me savonne, sache que les métalleux sont super sympa et qu'une maman qui fait de la batterie dans un groupe de stoner rock c'est trop cool, … alors fais-moi signe ;)


24 novembre 2016

La graine est semée !

C'est l'heureux constat que j'ai pu faire hier, au cours des 2 premières sessions de formation à l'accessibilité numérique.

Il y a 2 mois environ, j'apprenais que ma demande de formation afin de devenir référent en accessibilité numérique était, après une attente d'un an 1/2, tout simplement refusée pour la simple raison que cela ne fait pas partie de la stratégie de l'agence, et donc que ça ne "rentre pas dans le budget".
Je passe les 5 étapes du deuil (je passe très vite du déni à la colère..) pour arriver à ma 6e étape: on change de plan pour trouver une solution.
Si je ne peux pas être formée seule sur un niveau supérieur, alors je formerai tout le monde à mon niveau.

Étonnamment, ça passe, et bien plus rapidement que je ne l'aurais pensé. Je rencontre, avec le responsable des formations (Christian F.), des formateurs potentiels avec qui j'avais déjà pu participer à une session de formations. J'établie les besoins et la demande, identifie les personnes à former avec mon N+1, Christian s'occupe du budget et du planning des formations.
Un mois plus tard, c'était signé, on avait notre plan de formations. Un mois après, hier donc, les 2 premières sessions de sensibilisation ont eu lieu. Victoire !

Au cours du tour de table qui permettait de se présenter les uns les autres au formateur et de répondre à la question pour vous l'accessibilité, c'est quoi ?, j'ai à nouveau ressenti cette petite lueur d'espoir. Et surtout, je me suis rendu compte que mes chers collègues sont bien plus sensibilisés que je ne le pensais, qu'à force de persévérance j'ai fini par les toucher. Mon travail n'était pas vain. Émotion.

Cela m'a amenée à une nouvelle réflexion, que beaucoup, pour ne pas dire tous, ont dû avoir dans ma situation.
La remise en question de mon niveau d'exigence, ne pas simplement voir un résultat final mais savoir remarquer des efforts, et identifier des paliers.
Et oui c'est tout con, c'est pourtant logique. Mais c'est pas toujours naturel.

Après, je m'emballe peut-être un peu vite, il y a aussi l'effet bon élève lorsqu'on est en groupe et surtout face à un formateur. Ce n'est pas parce qu'on sait ce qu'on devrait faire, qu'on va forcément l'appliquer.

Mais c'est une étape.
Je peux dire qu'aujourd'hui au sein de ma team on sait.
Mon job maintenant c'est d'identifier les étapes suivantes pour les faire atteindre facilement. Identifier ce qui est prioritaire, placer les paliers dans le bon ordre, un peu comme placer une rampe dans un escalier… ;)

Pour en revenir à ma propre carrière, je ne compte pas abandonner l'objectif de devenir référent en accessibilité numérique. J'ai très peu d'espoir que ce soit au sein de mon agence, car ce n'est pas parce que j'ai pu obtenir ces formations pour mon équipe, que la vision stratégique de la boîte ait pour autant évolué.

J'ai planté une graine, j'ai bon espoir de la voir germer, et se multiplier. Ma mission remplie, je pourrai sereinement cultiver un autre champ fécond, et aider ceux qui comme moi ont envie de faire avancer les choses.
J'ai confiance en l'avenir, je sais que je ne partirai pas en laissant des orphelins.

Moi, ailleurs ..