Büchelorette

Web developer, drummer, mom

9 septembre 2017

J'ai dit petite graine ?

Et oui, grosse pause de 7 mois pour agrandir ma petite famille, me voilà à présent maman d'un 2e garçon hyper mignon.
À l'instant où j'écris ces lignes, nous sommes tous les 4 dans un train qui nous mène loin de Paris, vers une petite maison que nous avons eu la chance de pouvoir nous offrir afin de profiter d'une vie plus tranquille, plus familiale.

Je repense à ma journée d'hier, passée, entre 2 tickets Jira, à me remettre une énième fois en question... Deuxième boîte qui propose un job de lead dev front, et sur le dernier entretien m'annonce : "en fait on cherche quand même quelqu'un qui soit plus technique, passionné par le code et qui passe son temps à développer."
Je ne sais pas encore ce qui me dérange, m'agace, me chagrine le plus.

Tout d'abord le fait qu'au premier entretien, et lors de la description du poste, je me reconnais à 200% : une base tech, qui sait bien communiquer, partager, et manager une équipe. J’avoue ne pas être experte, et surtout pas mal rouillée après un gros congé maternité. Pas grave, on fait bien la différence entre un dev sénior et un lead dev. Pour finalement me dire au dernier entretien, qu’en fait, « on cherche quand même un gros dev, un peu geek sur les bords qui passe son temps à coder » (oui oui on dresse bien le portrait d’un stéréotype).

Rappelez-moi, vous cherchez depuis combien de temps déjà ? Et bien, bonne chance, et petite pensée aux recruteurs qui m’avaient contactée...

Ensuite, le coup de grâce qui fait ressurgir ce bon vieux syndrome de l’imposteur, asséné par une collègue de mon dernier recruteur : « je peux vous proposer un poste d’intégrateur [...] vous pouvez tenter de monter en interne vers le poste d’inté lead d’ici 1 ou 2 ans [...] vous savez, c’est difficile, c’est un poste à responsabilité qui demande de la confiance [...] vous devriez faire un portfolio [...] »

Je me contient tant bien que mal, je bouillonne, je l’insulte intérieurement.

Madame, ou mademoiselle, je vous demande pardon pour ces mauvaises pensées... Tout d'abord, j'étais dans un état émotionnel instable, je venais d'apprendre le refus.
Mais surtout : on . ne . se . connait . pas.
Et oui, vu de l’extérieur, je suis une nana recalée à un poste de lead dev parce que son niveau en JS est insuffisant.
Alors, si vous le permettez, laissez-moi vous expliquer.

Je ne compte pas devenir développeuse experte : mon niveau restera celui de je sais un peu tout sur tout, je me mets à jour sur les nouvelles techno, frameworks, bonnes pratiques.. Je teste, me renseigne, suis des tutos, en gros ce qu’on appelle faire de la veille.

Ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est de pouvoir continuer ce job que j’avais pu mettre en place dans notre super team La Poste au sein de mon agence, DigitasLBi. J’étais entourée de très bon développeurs Front : Pierre C., Danielo J-L, et Nicolas B.
Les experts, c’étaient eux. Mon travail, leur permettre de pouvoir faire le leur sereinement, en mettant en place et en faisant respecter des process sur la qualité des livrables, en amont et en aval. C’est donc assister et organiser des réunions, des briefs, des specs, des estimations, des plannings, du recrutement,... et garder un oeil sur la production pour éviter tout relâchement.
Et j’aime bien surtout qu’on ne néglige pas l’accessibilité.

Pourquoi ne pas continuer ici ? Et bien pour la simple raison qu’il n’y a plus de projet, il n’y a plus d’équipe. La Poste doit faire des économies, et tristement, nous quitte

L’équipe, elle, n’a pas réussi à tenir pendant mon absence.
Ha ha, non je plaisante, nous avons eu d’autres soucis, bien internes, des histoires d’âne et de carotte, j’ai dit qu’il n’y a pourtant pas d’âne ici, on m’a répondu qu’il n’y a pas non plus de carotte. L'un dit qu’il n’a plus de genou et l'autre ne voit pas le rapport.

Mon poste n’existait que sur notre pôle. Ailleurs, c’est soit dev senior soit tech lead (le nouveau nom du chef de projet technique). Je ne m’étendrai pas sur le sujet, mais, en faisant un rapide état des lieux auprès de plusieurs personnes, j’ai comme la vague impression que j’ai peut-être un peu manqué quand même...

Alors après tout, je me dis que c’est peut-être une question de vocabulaire. Le débat existe toujours sur la définition exacte d’un développeur, d’un intégrateur, d’un ingénieur, etc.. Tout se joue au final sur le besoin d’une équipe, et le rôle de chacun. Si vous avez lu tous mes textes ici, je pense avoir à présent défini qui je suis, ce que je fais, ce que j’aime, et ce que je cherche. Alors qu’on m’appelle lead dev front, chef de projet front, chef de pôle front, ou encore la nana du front... je . m’en . tape. OSEF. Ce n’est qu’un titre de plus.

Au moins, être maman, c’est un titre qui ne se discute pas.

Quoique...
Et m*rde.
Soyez vous même. CQFD.

Moi, ailleurs ..